Préoccupation au sujet des insectifuges

« Les insectifuges utilisés par des millions de vacanciers chaque année sont potentiellement toxiques », affirme le Daily Mail, qui affirme que les scientifiques disent maintenant qu’un ingrédient des sprays pourrait provoquer des crises chez les enfants et ne devrait pas être utilisé par les femmes enceintes. Le DEET chimique, présent dans de nombreuses pulvérisations de moustiques, s’est révélé toxique pour les nerfs chez les animaux et dans les études sur les insectes. Les chercheurs disent que leurs résultats soulignent les implications potentielles pour la santé humaine.

Dans cette recherche, les scientifiques ont découvert que le DEET bloquait l’enzyme cholinestérase chez le rat. L’enzyme est essentielle pour transmettre les messages du cerveau vers les muscles, et les produits chimiques qui interfèrent avec elle peuvent entraîner une salivation excessive et des larmoiements à faibles doses. Cela peut être suivi par des spasmes musculaires et, finalement, la mort.

L’effet nocif sur les insectes n’est pas surprenant puisque le produit chimique est utilisé pour les repousser; cependant, le DEET avait déjà été pensé uniquement pour affecter le sens de l’odorat des insectes. Cette découverte de l’effet qu’elle a sur une enzyme importante du système nerveux (que l’on trouve également chez les humains) mérite d’être étudiée plus à fond.

D’où vient l’histoire?

Cette recherche a été réalisée par le Dr Vincent Corbel et ses collègues de l’Institut de Recherche pour le Développement à Montpellier, en France et d’autres instituts au Bénin et en Slovénie. L’étude a été financée par l’Agence Nationale de la Recherche et publiée dans la revue BMC Biology.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Il s’agissait d’une étude en laboratoire utilisant des techniques toxicologiques, biochimiques et électrophysiologiques pour déterminer si le DEET chimique inhibe l’activité de la cholinestérase dans les systèmes nerveux des insectes et des mammifères.

Le DEET, également connu sous le nom de diéthyltoluamide, est un produit chimique insectifuge utilisé dans une grande proportion de pulvérisations répulsives. Les auteurs de cette étude estiment que chaque année environ 200 millions de personnes utilisent des insectifuges contenant du DEET.

En dépit d’être la norme par rapport à laquelle d’autres répulsifs sont souvent testés, le fonctionnement du DEET est mal compris. Ses effets toxiques sont connus pour réduire le sens de l’odorat des insectes, ce qui est censé les empêcher de détecter l’odeur des humains. La manière exacte dont le DEET affecte le sens de l’odorat et les systèmes nerveux des insectes n’a pas encore été étudiée.

Les chercheurs étaient particulièrement intéressés par l’effet de DEET sur l’acétylcholinestérase, une enzyme présente dans les espaces entre les nerfs. Sa fonction est de décomposer le neurotransmetteur acétylcholine, qui joue un rôle important dans la transmission des signaux nerveux autour du corps. La dégradation de l’acétylcholine par l’enzyme permet au nerf de revenir à son état de repos après avoir été actif.

Les chercheurs ont examiné les taux de mortalité des insectes sélectionnés, y compris le moustique de la fièvre dengue, lorsqu’ils sont exposés à une gamme de papiers mouches traités au DEET. Les doses utilisées étaient similaires à celles qui pouvaient être appliquées sur la peau humaine. Ils ont ensuite examiné les effets du produit chimique sur les nerfs abdominaux des blattes disséquées et sur les nerfs diaphragmatiques des souris. Les techniques utilisées ont mesuré les tensions dans la synapse, l’écart entre les nerfs, après une seule explosion d’activité créée en stimulant le nerf plus haut.

Les chercheurs ont également examiné l’interaction entre le DEET et l’insecticide commun connu sous le nom de carbamate, qui bloque également l’enzyme acétylcholinestérase. Ils l’ont fait dans le tube à essai à un niveau moléculaire en utilisant un dispositif appelé spectromètre, qui est capable d’évaluer comment le DEET se lie à l’enzyme acétylcholinestérase.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Les chercheurs ont montré que le DEET ne modifie pas simplement le comportement des insectes, mais inhibe aussi directement l’activité enzymatique, aussi bien chez les insectes que chez les mammifères.

Ils ont également montré que le DEET interagit et renforce la toxicité des carbamates, une classe d’insecticides également connus pour bloquer l’acétylcholinestérase.

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs concluent que leurs découvertes « remettent en question la sécurité du DEET, en particulier en combinaison avec d’autres produits chimiques », et « soulignent l’importance d’une approche multidisciplinaire de la

développement d’insectifuges plus sûrs pour utilisation en santé publique « .

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Cette étude en laboratoire a soulevé d’importantes questions concernant les mécanismes qui sous-tendent l’action du DEET, un ingrédient commun à de nombreux produits insectifuges. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour répondre efficacement à ces questions.

Bien qu’il ne soit pas surprenant qu’un insectifuge soit toxique pour les insectes, le mécanisme nouvellement découvert du répulsif doit être évalué. Les études qui étudient la dose idéale qui peut repousser les insectes sans courir le risque d’effets toxiques graves chez les humains seront particulièrement importantes. Ces résultats doivent également être mis en balance avec le risque de maladies véhiculées par les moustiques dans les pays tropicaux, en particulier le paludisme. Les inconvénients potentiels d’une restriction de l’utilisation du DEET doivent être pris en compte afin de parvenir à un point de vue équilibré sur cette question.

Cette étude semble avoir été bien menée, et il semblerait sage pour les individus d’éviter l’utilisation de ce répulsif si enceinte comme mesure de précaution, car on ne sait pas si le produit chimique pourrait traverser le placenta et affecter un enfant à naître. Il y a eu des spéculations de journaux selon lesquels les produits contenant du DEET pourraient déclencher des ajustements chez les enfants, mais ceci n’a pas été démontré par cette recherche et ceci reste une théorie basée sur l’extrapolation de cette science d’un effet observé dans les nerfs animaux psoriasis.